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OnlyFans, c'est quoi : le modèle et ce qu'il rapporte

Finn ·

OnlyFans est une plateforme d'abonnement où des créateurs publient derrière un mur payant, et où les fans paient au mois, au message ou au pourboire. La société qui l'exploite, Fenix International, retient 20 % de chaque paiement et reverse le reste. Le contenu pour adultes y domine et l'accès est réservé aux majeurs.

Comment circule un paiement

Un créateur ouvre une page et fixe lui-même ses prix. Un fan paie de trois façons : un abonnement mensuel reconduit automatiquement, un pourboire ponctuel, un message ou un post vendu à l'unité. Certaines pages sont gratuites à l'abonnement et se rémunèrent uniquement sur ces contenus vendus au coup par coup.

Sur chaque paiement, la plateforme garde 20 %. Ce n'est pas une estimation : les comptes 2024 de Fenix International, publiés fin août 2025, affichent 7,2 milliards de dollars payés par les fans et 1,4 milliard conservé par la société. Le rapport tombe juste.

Voici un exemple chiffré, avec des valeurs choisies pour la démonstration. Tu vends un abonnement à 10 dollars et 60 personnes s'abonnent le même mois. Les fans versent 600 dollars, la plateforme en retient 120, il reste 480 dollars. C'est un chiffre d'affaires, pas un revenu : l'impôt, les cotisations et le temps passé à produire puis à répondre aux messages se retirent ensuite.

Pour ouvrir un compte, il faut passer un contrôle d'âge. Le candidat envoie un selfie pris en direct, une technologie d'estimation faciale évalue son âge, et l'inscription se poursuit si l'estimation dépasse un seuil interne. En dessous de ce seuil, il faut prouver sa majorité par un autre moyen. Ce fonctionnement est décrit par le régulateur britannique Ofcom, qui a infligé le 28 mars 2025 une amende de 1,05 million de livres à Fenix International : l'entreprise lui avait annoncé un seuil réglé sur 23 ans, alors qu'il était fixé à 20 ans depuis novembre 2021.

Ce que disent les chiffres de 2024

Les mêmes comptes annuels donnent 4 634 000 comptes créateurs et 377 456 000 comptes fans. Les créateurs se sont donc partagé environ 5,8 milliards de dollars, c'est-à-dire les 7,2 milliards encaissés moins la part de la plateforme.

Deux divisions suffisent à recadrer le sujet. Chaque compte créateur a reçu en moyenne environ 1 250 dollars sur l'année, soit une centaine de dollars par mois. Chaque compte fan a dépensé en moyenne environ 19 dollars sur la même période.

Trois précautions s'imposent avant d'en tirer une conclusion. Ce sont des comptes et non des personnes, et un compte dormant pèse autant qu'un autre dans la division. Une moyenne n'est pas une médiane, et ce type de revenus se concentre fortement en haut du classement, ce que des totaux publics ne permettent pas de mesurer. Enfin, ces chiffres décrivent l'année 2024 de la plateforme entière, pas le potentiel d'une page.

Les 5,8 milliards versés aux créateurs en 2024 font environ 1 250 dollars par compte sur l'année, avant impôts.

Ce qu'un indépendant peut en retenir

Le modèle repose sur une idée transposable à beaucoup d'activités : une audience paie directement, en récurrent pour l'accès et à l'unité pour une pièce précise. L'abonnement finance la régularité, le paiement à l'unité capte l'envie ponctuelle, et les deux vivent sur la même relation.

Les 20 % achètent des rails : encaissement dans le monde entier, cartes refusées, remboursements, conformité, hébergement de fichiers lourds. La question utile n'est donc pas de savoir si 20 % est cher dans l'absolu, mais ce que te coûterait la même chose en direct, temps de gestion compris. Pour un produit simple vendu à une audience que tu amènes déjà, la vente en direct revient nettement moins cher ; la part prélevée par une plateforme se défend quand tu as vraiment besoin de ce qu'elle porte. Si tu montes ton propre produit d'abonnement, cette facture arrive exactement au moment où le vrai travail commence, au deuxième compte.

La contrepartie de ces rails s'est vue en 2021. Le 19 août, la plateforme annonce interdire le contenu sexuellement explicite à partir du 1er octobre, en expliquant se conformer aux exigences de ses partenaires financiers. Le 25 août, elle suspend cette décision après avoir obtenu leurs assurances. Six jours auront suffi pour redéfinir, puis rétablir, ce que des millions de personnes avaient le droit de vendre. Quand un intermédiaire de paiement peut réécrire ton offre en une semaine, garde un canal direct vers ton public, avec une liste dont tu contrôles les entrées et les sorties : c'est tout l'enjeu de savoir qui détient la désinscription.

Une page ne se remplit pas non plus toute seule. Il faut une raison de te suivre avant de demander un paiement, ce qui rapproche le problème de celui d'un créateur qui vend une preuve d'usage plutôt qu'une vidéo : montrer d'abord ce que tu apportes, facturer ensuite.

En France, ce que ça change pour toi

L'accès est réservé aux adultes. Depuis la loi du 21 mai 2024 visant à sécuriser et réguler l'espace numérique, les services qui diffusent des contenus pornographiques doivent empêcher l'accès des mineurs, et l'Arcom engage des procédures contre ceux qui ne le font pas.

Côté argent, l'administration fiscale rappelle que les sommes perçues dans le cadre d'opérations d'économie collaborative sont susceptibles de constituer des revenus, qui doivent alors figurer dans ta déclaration. Si l'activité est imposable, elle doit aussi être immatriculée auprès d'un centre de formalités des entreprises. Les plateformes concernées adressent un récapitulatif annuel des opérations à leurs utilisateurs ; ce document t'aide à déclarer, il ne déclare rien à ta place.

FAQ

Qui possède OnlyFans ? La plateforme est exploitée par Fenix International Limited, société installée à Londres. Ses comptes annuels sont publics, et c'est par eux que l'on connaît le nombre de comptes, les montants encaissés et la part retenue.

Combien coûte un abonnement ? Le prix est fixé par le créateur, page par page, et s'ajoute aux contenus vendus à l'unité et aux pourboires. Pour situer un ordre de grandeur, la dépense moyenne par compte fan tournait autour de 19 dollars sur l'année 2024, tous paiements confondus.

Le contenu est-il uniquement pornographique ? Le contenu pour adultes y domine, au point de structurer la régulation de la plateforme et ses relations avec les acteurs du paiement. D'autres créateurs y publient aussi, notamment dans le sport et la musique.

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