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Vibe coding : définition, outils, prix et risques en 2026

finn

28 octobre 202637 min de lecture

Tu as une idée d'application, tu ne sais pas programmer, et on te répète qu'il suffit maintenant de la décrire à une IA. C'est le vibe coding : tu expliques en français ce que tu veux, l'IA écrit le code à ta place, tu essaies le résultat et tu demandes des corrections. Au sens strict, tu ne lis jamais ce code.

Le mot vient d'Andrej Karpathy, membre fondateur d'OpenAI, qui l'a lancé début février 2025 pour des « projets jetables du week-end ». La pratique repose sur les agents de code, des programmes d'IA qui créent les fichiers, lancent l'application et corrigent eux-mêmes leurs erreurs.

Pour un prototype ou un outil personnel, une soirée suffit souvent. Pour une application à laquelle d'autres confient leurs données, le code n'est que le début : comptes, paiement, mise en ligne et règles d'accès aux données restent à ta charge, et c'est là que surviennent la plupart des fuites de données.

80 % puis 20 %

Une fois le code écrit, Karpathy croyait son appli finie à 80 %. Elle l'était plutôt à 20 % : comptes, clés, paiement et mise en ligne restaient à faire.

Andrej Karpathy, MenuGen, avril 2025

64 %

Des 200 applis en ligne auditées, faites avec Claude Code ou Lovable, laissaient un utilisateur atteindre des données ou des actions d'autrui.

Deng, Fan et Meng, prépublication arXiv, 2026

+15 à 21 points

Code à la fois fonctionnel et sûr en plus quand la demande contient une phrase sur la sécurité, pour trois agents d'IA testés sur quatre.

LSCBench, prépublication arXiv, octobre 2026

1 min 34 à 2 min 26

Temps de travail de l'IA pour une appli de club de lecture qui marche, en vibe coding strict. Coût : 0,37 à 0,63 $ en paiement à l'usage.

Essai du 28 octobre 2026, Claude Code 2.1.312

Ce que veut dire vibe coding, et comment le mot a changé

Le mot a moins de deux ans et son sens a déjà bougé. Pour savoir de quoi parle quelqu'un qui dit « vibe coding », il faut repartir du message d'origine.

Dans la nuit du 2 au 3 février 2025 (heure française), Andrej Karpathy, chercheur en IA qui a dirigé l'IA de Tesla, publie sur X un court message. Il y décrit « un nouveau type de programmation » où l'on se laisse porter par les « vibes », l'ambiance du moment, et où l'on « oublie que le code existe » (traduit de l'anglais, comme toutes les citations anglaises de cette page).

Sa méthode tient en quatre gestes. Il dicte ses demandes au lieu de les taper, accepte chaque modification sans la lire, colle les messages d'erreur « sans commentaire », et quand un bug résiste, il le contourne ou demande des changements au hasard jusqu'à ce que le bug s'en aille. Il fixe lui-même la limite dans le même message : « pas si mal pour des projets jetables du week-end ».

Deux sens coexistent depuis :

  • Le sens strict. Simon Willison, développeur reconnu (il a cocréé Django, un outil très utilisé pour fabriquer des sites), le formule en mars 2025 : il parle de vibe coding quand on « bâtit un logiciel avec un LLM sans relire le code qu'il produit ». Un LLM, ou modèle de langage, est l'IA qui génère le texte et le code, comme celle de ChatGPT ou de Claude. Dès que quelqu'un relit, teste et comprend ce code, ce n'est plus du vibe coding pour Willison, même si l'IA a tout tapé.
  • Le sens courant. Pour les dictionnaires, le mot couvre toute création de logiciel où l'on décrit en langage courant ce que l'IA doit coder. Merriam-Webster l'a ajouté à sa liste de mots « argotiques et tendance » en mars 2025, et le Collins en a fait son mot de l'année le 6 novembre 2025. C'est ce sens large que retiennent les fabricants d'outils et les formations.

Cette page parle des deux : de la pratique au sens large, et du sens strict quand il change les risques. En français, l'Office québécois de la langue française propose « programmation intuitive » ou « programmation conversationnelle » ; en France, le mot anglais s'est imposé, et la personne qui pratique est un ou une vibe coder.

Ce que son inventeur en a fait

L'évolution du mot dit une chose utile pour toi : ce qui suffit pour un outil personnel ne suffit plus dès que d'autres personnes dépendent de ton application.

En octobre 2025, interrogé par le podcasteur Dwarkesh Patel, Karpathy expliquait ne pas pratiquer le vibe coding sur son propre projet sérieux, nanochat : les agents ne lui étaient « pas utiles, tout compte fait », et l'autocomplétion, qui propose la suite d'une ligne de code, restait ce qui lui convenait le mieux.

Puis les modèles d'IA se sont nettement améliorés en quelques semaines. Karpathy et Willison situent chacun ce basculement en novembre-décembre 2025 : depuis, un agent livre du code qui marche « neuf fois sur dix », selon Willison.

Le 4 février 2026, Karpathy prend ses distances avec son mot, qu'il dit avoir lancé dans un tweet jetable, et lui préfère agentic engineering (ingénierie agentique) pour le travail professionnel : on n'écrit plus le code soi-même « 99 % du temps », on dirige des agents et on contrôle leur travail. En avril 2026, sur la scène de Sequoia, un fonds d'investissement, il distingue les deux : le vibe coding « relève le niveau de base pour tout le monde », l'ingénierie agentique « préserve le niveau d'exigence » du logiciel professionnel, où l'on n'a pas le droit d'introduire des failles.

Willison reconnaît en mai 2026 que la frontière se brouille pour lui : il ne relit plus chaque ligne, même pour des logiciels en service. Il garde une limite nette : « Si tu construis un logiciel pour d'autres personnes, le vibe coding est totalement irresponsable, parce que ce sont leurs informations. »

No-code, vibe coding, développement assisté : trois façons de faire

On confond souvent trois manières de créer un logiciel sans tout écrire soi-même :

ApprocheQui produit le codeLe résultatExemples
No-codePersonne : tu assembles des blocs dans une interface visuelleUne application enfermée dans l'outil et ses limitesBubble, Glide
Vibe coding (sens strict)L'IA, à partir de tes descriptions, sans que personne le reliseUn vrai logiciel, dont personne ne connaît le codeLovable, Bolt, Replit, ou un agent comme Claude Code utilisé sans relecture
Développement assisté, ou ingénierie agentiqueL'IA, dirigée et contrôlée par quelqu'un qui sait programmerDu code vérifié et testé, que quelqu'un peut faire évoluerClaude Code, Codex, Cursor avec relecture

Un même outil sert aux deux dernières lignes : ce qui change, c'est si quelqu'un relit et teste vraiment ce que l'IA produit. Les sept règles plus bas te rapprochent de la troisième ligne sans écrire de code. Pour une application qui garde les données d'autres personnes, il faut quand même, avant le lancement, quelqu'un qui sait lire le code.

Comment se passe une session de vibe coding

Concrètement, tu enchaînes des allers-retours rapides avec l'IA jusqu'à obtenir ce que tu veux :

  1. Tu demandes un écran, une fonction ou une correction, en français courant.
  2. L'IA écrit ou change le code, puis relance souvent l'application d'elle-même.
  3. Tu essaies le résultat comme le ferait un utilisateur.
  4. Tu signales ce qui cloche, souvent en collant le message d'erreur, et tu recommences.

Ce qui rend ce va-et-vient possible, c'est l'agent : une IA à qui l'on donne des outils, comme lire et écrire des fichiers ou lancer des commandes (des instructions tapées dans le terminal, la fenêtre de texte qui pilote l'ordinateur), et qui enchaîne les actions jusqu'au bout de la tâche. Dans les générateurs d'applications en ligne, tout se passe dans le navigateur et tu ne vois jamais de terminal.

Le rythme est rapide, et prenant. Nicolas Grenié, développeur français spécialisé dans les outils pour développeurs, compte une à cinq minutes par aller-retour et compare l'envie de relancer à celle du « encore un tour » du jeu Civilization (podcast de la conférence Devoxx France, juillet 2026). Les agents annoncent aussi des réussites qui n'en sont pas. « Ils vont te mentir, ils vont te dire qu'ils ont corrigé le problème alors que non », prévient Lazar Jovanovic, salarié de Lovable, un générateur d'applications, dont le métier est de construire des logiciels en vibe coding sans avoir appris à programmer (Lenny's Podcast, février 2026). Le seul contrôle fiable reste d'essayer soi-même.

Un essai : une application de club de lecture, le 28 octobre 2026

Pour voir ce que donne aujourd'hui une session à quelqu'un qui ne code pas, un essai a été mené pour cette page le 28 octobre 2026, avec Claude Code 2.1.312, l'agent de code d'Anthropic (l'entreprise qui fait Claude), et le modèle qu'Anthropic donne par défaut sur l'offre Pro, Claude Opus 5.5. Chaque session tournait sur un Mac, dans un dossier isolé du reste de l'ordinateur, et rien n'a été mis en ligne.

La demande, écrite comme une débutante l'écrirait : « Je ne sais pas coder. Je voudrais une petite application web pour mon club de lecture : chaque membre crée un compte avec son e-mail et un mot de passe, ajoute les livres qu'il a lus avec une note sur 5 et un commentaire, et retrouve sa liste. Moi, l'organisatrice, je veux voir combien de livres le club a lus ce mois-ci. Fais-la marcher sur mon ordinateur. »

Elle a été envoyée six fois. Trois fois seule, en acceptant tout : du vibe coding au sens strict. Trois fois suivie de cinq consignes qu'une débutante bien informée peut écrire :

  • « Avant d'écrire le moindre code, écris-moi une courte description de ce que tu vas faire […] et attends mon accord. »
  • « Construis une fonctionnalité à la fois et vérifie qu'elle marche avant de passer à la suivante. »
  • « Un membre ne doit jamais pouvoir voir ni modifier les livres d'un autre, même en changeant l'adresse dans le navigateur. »
  • « Protège les mots de passe. »
  • « À la fin, dis-moi ce que je dois vérifier avant de la montrer à d'autres. »

Chaque application a ensuite été testée de l'extérieur, avec deux comptes de membres.

Vibe coding strict (3 sessions)Avec les cinq consignes (3 sessions)
Application qui marche3 sur 3, dès la première demande3 sur 3, après validation du plan
Temps de travail de l'IA1 min 34 à 2 min 263 min 42 à 5 min 34
Coût au prix de l'API (le paiement à l'usage, sans abonnement) ; avec Pro, décompté du quota0,37 à 0,63 $0,84 à 1,18 $
Code écrit322 à 434 lignes716 à 898 lignes, dont 221 à 302 de tests automatiques
Un membre voit, modifie ou supprime les livres d'un autreJamais, même en changeant le numéro dans l'adresseJamais
Mots de passeStockés sous une forme brouillée irréversible (hachés), partoutIdem
Qui devient organisatriceLe premier compte crééL'adresse e-mail donnée par l'utilisatrice
Protection contre qui essaie de deviner un mot de passe : connexion bloquée après 20 essais ratésDans aucune des 3Dans 2 sur 3

Le résultat le plus rassurant d'abord : sur une petite application installée sur l'ordinateur, l'erreur classique du vibe coding, une page qui affiche les livres d'un autre membre quand on change le numéro dans l'adresse, n'est apparue dans aucune des six. Les failles étaient ailleurs, là où une débutante ne regarde pas :

  • Le premier inscrit devient organisateur. Les trois sessions strictes ont choisi cette règle et conseillé de « créer votre compte en premier ». Aucune n'a signalé qu'une fois l'application en ligne, le premier inconnu à s'inscrire obtiendrait la page de l'organisatrice.
  • La déconnexion ne déconnecte pas tout. Dans trois applications sur six, un cookie de session (le petit fichier qui garde quelqu'un connecté) copié avant la déconnexion permettait encore d'entrer après.
  • « Tout fonctionne. » Les trois sessions strictes ont conclu ainsi, sans dire un mot des deux failles ci-dessus. Même avec consignes, une session a laissé l'application tourner en arrière-plan sur une base de données qu'elle venait d'effacer, sans le signaler : les inscriptions échouaient jusqu'au redémarrage suivant.
  • L'agent force les portes. Dans quatre sessions sur six, quand une commande était refusée, l'agent l'a relancée en demandant à sortir du « bac à sable » de Claude Code, sa protection qui limite ce que les commandes peuvent toucher : 17 des 70 commandes de ces quatre sessions. Ce bac à sable n'était pas celui qui bloquait ici. Le blocage venait d'un cloisonnement réglé dans macOS, hors de portée de l'agent, et il a tenu. Retiens le réflexe de l'agent : devant un obstacle, il cherche à le lever plutôt qu'à s'arrêter et demander. La règle 6, plus bas, dit comment s'en protéger.

La consigne la plus utile a été la dernière. Interrogées sur ce qu'il fallait vérifier, les trois sessions ont donné les meilleurs conseils de l'essai : tester avec deux comptes dans deux navigateurs, ne pas rendre son ordinateur accessible depuis Internet, passer par un hébergeur en HTTPS (la connexion chiffrée, celle du cadenas dans le navigateur). L'une a même nommé une faiblesse de sa propre application, l'absence de limite aux tentatives de connexion. Les limites de l'essai : une seule petite application, un seul modèle, un seul jour, et rien de publié. Or, en ligne, les données passent souvent par un service de base de données comme Supabase, dont les règles d'accès s'écrivent à part : c'est là que les audits trouvent la plupart des failles (plus bas).

Quels projets s'y prêtent, lesquels non

Une fois la session comprise, la question devient : ton projet s'y prête-t-il ? La réponse dépend moins de sa taille que de deux choses, à qui appartiennent les données et ce que coûte une erreur.

Ce qui marche bien :

  • Un outil pour toi. Nicolas Grenié a construit sur son téléphone, à la maternité, un compteur de contractions en moins d'une heure, parce que les applications existantes réclamaient des données personnelles ou un paiement.
  • Un prototype pour mettre une idée à l'épreuve. Lazar Jovanovic a monté en quatre heures, chez un ancien employeur, un prototype que l'équipe d'ingénieurs a mis six à sept mois à transformer en produit fiable. Le prototype sert à montrer et à décider ; le produit, lui, demande un autre travail.
  • Une page de présentation. Jean-Baptiste Kempf, président de VideoLAN (l'association derrière le lecteur VLC), a tiré un site complet du document pour investisseurs de sa start-up avec v0, le générateur de l'hébergeur Vercel, en une heure et demie. « Après, il y avait plein de soucis », ajoute-t-il (podcast À la French, janvier 2026) : même un site simple demande une reprise.
  • Des outils internes, quand l'entreprise fournit le socle. Chez Automattic (WordPress.com), environ 500 salariés ont lancé 794 projets en trente jours, après une formation à l'IA et la mise à disposition d'environnements prêts à l'emploi.

Ce qui demande quelqu'un qui sait lire le code :

  • Les données des autres. C'est la limite de Willison citée plus haut, et c'est là que la loi te rend responsable (plus bas).
  • Le paiement, la santé, tout ce qui coûte cher en cas d'erreur. Pour Karpathy, une démo qui marche 90 % du temps n'est que « le premier neuf » : chaque neuf de fiabilité supplémentaire (99 %, puis 99,9 %) demande autant de travail que le précédent.
  • Les règles propres à un métier, accumulées pendant des années. Invitée du podcast Génération Do It Yourself en octobre 2026, Quitterie Mathelin-Moreaux, cofondatrice de Skello (planning du personnel), rappelle que l'annualisation du temps de travail, utilisée par 85 % de ses clients, a pris quatre ans à adapter à chaque point de vente. Une IA reproduit l'écran d'un logiciel en une soirée, pas ces années de règles.

Ce « quelqu'un » peut être un développeur freelance payé pour relire et réparer avant la mise en ligne : le métier existe, des spécialistes du nettoyage de code vibe codé proposent leurs services sur les plateformes de freelances (Gizmodo, septembre 2025). Le meilleur moment pour l'appeler, c'est avant les premiers utilisateurs.

Ce que deviennent les projets

Les résultats publiés racontent la même histoire : construire est devenu facile, le reste non.

  • Nicolas Grenié a vu son générateur d'icônes par IA servir 15 000 utilisateurs et produire 42 000 icônes. Il a ajouté des crédits payants « en une soirée » quand les frais d'IA ont monté. Puis un utilisateur a découvert qu'une fonction de l'application pouvait être déclenchée directement, sans passer par l'interface : « il s'est rajouté 5 000 crédits », avant de le signaler.
  • Benjamin Code, développeur web de métier et vidéaste, a construit avec Claude Code une application de bureau payante, Autotrim, dans des langages qu'il ne connaissait pas : un prototype en une soirée, toutes les fonctions en un mois et demi. Quarante-huit heures après l'annonce de sa sortie, un abonné a fait sauter la vérification de licence « en 50 minutes », malgré une journée passée à la sécuriser avec l'IA (vidéo d'octobre 2025). Il n'avait jamais vérifié que ses protections marchaient.
  • Patrice Cassard, entrepreneur du web, a publié huit applications en neuf mois. La moitié des personnes qui les installent les suppriment le jour même, 4 à 5 % restent au bout d'un mois, et sa meilleure application compte environ 2 000 téléchargements pour une centaine d'utilisateurs actifs. Son constat, relayé par le site iGen en octobre 2026 : « Le mur, ce n'est pas le code. C'est la distribution. »
  • Lovable a interrogé plus de 14 300 de ses utilisateurs en mai 2026 : quatre sur cinq occupent un poste non technique, près de huit sur dix espèrent gagner de l'argent avec ce qu'ils construisent, et plus d'un tiers de ceux-là disent en gagner déjà. Ce sont des réponses déclaratives, publiées par l'entreprise.

Pour un SaaS, une application vendue par abonnement, la suite du chemin (valider l'idée, le statut, la TVA, les premiers clients) est détaillée dans le guide pour créer un SaaS seul avec l'IA.

Quels outils, à quel prix en France (au 28 octobre 2026)

Trois familles d'outils existent, selon ce qu'ils prennent en charge :

  • Les générateurs d'applications (Lovable, Replit, Bolt, Base44, Google AI Studio, v0, les sites de ChatGPT) : tout se passe dans le navigateur, sans terminal, et l'outil héberge l'application, souvent avec la base de données et la connexion des utilisateurs. C'est la porte d'entrée des non-développeurs.
  • Les agents de code (Claude Code, Codex d'OpenAI, l'agent de code de Mistral) : ils travaillent sur des fichiers qui t'appartiennent. Claude Code existe aussi dans l'application de bureau Claude et dans le navigateur, Codex dans ChatGPT : pas besoin de terminal pour commencer. Le code est à toi, mais l'hébergement, la base de données et les comptes restent à organiser.
  • Les éditeurs de code assistés par l'IA (Cursor, Devin Desktop, le nouveau nom de Windsurf, GitHub Copilot) : des logiciels pour écrire du code, pensés pour ceux qui le lisent.

Les prix ci-dessous ont été lus sur les pages officielles depuis la France le 28 octobre 2026. Chaque page affiche les siens à sa façon : en dollars ou en euros, hors taxes (HT), toutes taxes comprises (TTC) ou sans rien préciser ; le tableau reprend sa mention. Compte 20 % de TVA en plus sur un prix HT.

OutilGratuitOffre utile pour une vraie applicationCe qu'il fait pour toi
Lovable5 crédits par jour, 30 par mois au plus ; code synchronisable avec GitHub, mais ni modification ni téléchargement direct, ni nom de domaine à toiPro, 25 € par mois (21 € en annuel), taxes non préciséesHéberge l'application, sa base de données et les comptes ; paiements intégrés
ReplitUne application publiée, hors ligne au bout de 30 joursCore, 20 $ HT par mois (18 $ en annuel) ; Pro à 100 $ pour un espace de travail en EuropeHébergement, base de données, comptes
Bolt1 million de tokens par mois (les unités de texte que l'IA traite)Pro, 25 $ HT par mois (18 $ en annuel)Hébergement, base de données ; nom de domaine et paiement par Stripe en Pro
Base44 (Wix)5 crédits de message par jourBuilder, 50 $ par mois (40 $ en annuel), le minimum pour Stripe et GitHubTout-en-un ; données aux États-Unis par défaut
Google AI Studio (mode Build)Construire est gratuit ; deux applications publiables sans moyen de paiementPaiement à l'usage dès que l'application, ouverte au public en Europe, appelle Gemini, l'IA de GoogleApplication complète, base de données, connexion avec Google
v0 (Vercel)5 $ de crédits une seule fois, 7 messages par jourPlus, 30 $ HT, et Vercel Pro (20 $ HT) dès que le site encaisse de l'argentCode de l'application, mise en ligne chez Vercel
ChatGPTCodex en accès limité, pas de sitesPlus, 23 € par moisCodex, et Sites : héberge le site avec une base de 10 Go et la connexion des visiteurs
ClaudeLes artefacts (petites applications qui tournent dans la conversation), pas Claude CodePro, 18 € HT par mois (15 € en annuel)Claude Code travaille dans tes fichiers ; le reste est à ta charge
Mistral (agent Vibe for code)Des sessions de code limitéesPro, 17,99 € TTC par moisAgent de code d'une entreprise française, dans le terminal et l'éditeur
CursorRequêtes limitéesPremium, 30 $ HT, plus les modèles Claude ou GPT au prix de l'APIÉditeur de code avec agents
GitHub Copilot2 000 suggestions de code par mois et le mode agentPro, 10 $ par moisAgent dans l'éditeur de code

Stripe est le service de paiement en ligne le plus courant, et GitHub le site où l'on dépose et sauvegarde son code.

Les offres gratuites servent à essayer, pas à lancer. Chacune bute sur un mur différent : un plafond de crédits, un lien qui expire, pas de nom de domaine à toi, pas de paiement. Google AI Studio est un cas à part : construire y est gratuit, mais les conditions de Google n'autorisent que ses offres payantes de Gemini pour une application proposée au public dans l'Espace économique européen. Pour un vrai projet, compte de 18 à 25 € par mois sur la plupart des outils, jusqu'à 50 $ chez Base44 ou chez v0 avec Vercel. Avec un agent comme Claude Code, ajoute l'hébergement et la base de données : Vercel et Supabase ont des offres gratuites, mais celle de Vercel est réservée à un usage personnel et non commercial.

Ton projet peut servir à entraîner l'IA du fournisseur. Depuis le 9 septembre 2026, Lovable peut utiliser les données des comptes gratuits et Pro pour entraîner ses modèles, sauf si tu le refuses dans tes réglages. Chez Base44, c'est le cas sur toutes les offres sauf Enterprise ; chez Replit, seule l'offre Pro permet de refuser ; chez ChatGPT, tant que le réglage « Améliorer le modèle » est activé. Pour ton code, c'est une affaire de confidentialité ; pour les données de tes utilisateurs, c'est aussi une affaire de RGPD (plus bas).

Héberger en Europe est une option, pas un réglage par défaut. Lovable fait choisir une région une seule fois, sans retour possible. Replit réserve l'espace de travail européen à l'offre Pro, Base44 stocke aux États-Unis sauf sur ses offres Business et Enterprise. Mistral indique héberger par défaut les données dans l'Union européenne.

Les prix changent vite. Ces plateformes vendent presque à prix coûtant : dès août 2025, TechCrunch décrivait des marges « neutres ou négatives » chez les générateurs de code, et Wix a reconnu une marge brute « proche de zéro » pour Base44 au début de 2026. Replit a changé de fournisseur d'IA par défaut en octobre 2026, au profit d'OpenAI. Choisis un outil qui permet de récupérer ton code (Lovable et Bolt le synchronisent avec GitHub, Base44 à partir de son offre Builder), en sachant que la base de données ne suit pas toujours (règle 6) : l'outil d'aujourd'hui ne sera peut-être plus le bon dans un an.

ChatGPT ou Claude pour le vibe coding ?

Le vrai choix porte sur la forme. Dans un chat, l'IA écrit un morceau de code que tu dois copier toi-même dans un fichier et faire tourner : c'est vite limité quand on ne code pas. Un agent crée lui-même les fichiers, lance l'application et lit les erreurs.

  • ChatGPT propose son agent, Codex, sur toutes les offres (limité en gratuit et sur l'offre Go à 8 €). Avec Plus (23 €) ou Pro, Sites construit et héberge un site décrit dans la conversation, avec base de données, connexion des visiteurs et ton propre nom de domaine.
  • Claude gratuit crée des artefacts, de petites applications qui tournent dans la conversation et se partagent : chaque personne qui les utilise consomme son propre quota, pas le tien. Claude Code, l'agent, demande Pro (18 € HT par mois) ; ce guide pour utiliser Claude Code montre une première session pas à pas.

Ce que tu devras faire toi-même : tout ce qui n'est pas du code

C'est la partie que les présentations du vibe coding passent sous silence, et le meilleur témoin en est l'inventeur du mot.

En avril 2025, Karpathy publie le récit de MenuGen, une application qui photographie le menu d'un restaurant et montre l'image de chaque plat. Tout le code a été écrit par l'IA. La première version, sur son ordinateur, est prête très vite : « J'avais l'impression d'avoir fini à 80 %, mais c'était plutôt 20 %. » La suite :

  • la mise en ligne chez Vercel, un hébergeur de sites, échoue sur des erreurs qui n'apparaissaient pas sur son ordinateur ;
  • les clés d'accès aux services d'IA, gardées à juste titre à l'écart du code qu'il publie, n'arrivent pas jusqu'au serveur, et il faut les recopier à la main ;
  • pour la connexion des utilisateurs, l'IA écrit environ mille lignes de code pour une version périmée du service choisi, qui exige ensuite un nom de domaine à soi, des réglages DNS (l'annuaire qui relie un nom de domaine à un serveur) et une validation de Google ; « j'ai pensé abandonner le projet à ce moment-là » ;
  • pour le paiement, l'IA associe chaque achat à un compte en comparant les adresses e-mail : quelqu'un qui paie avec une autre adresse que celle de son compte Google ne reçoit jamais ses crédits ;
  • Vercel publie automatiquement son code inachevé, qu'il croyait privé, à une adresse publique facile à deviner.

Sa conclusion d'alors : le vibe coding d'applications web complètes est « assez brouillon et pas une bonne idée pour quoi que ce soit d'important ». En avril 2026, il répète qu'« une bonne partie des ennuis ne venait même pas de l'écriture du code ».

Avec un générateur comme Lovable, Bolt ou Replit, l'hébergement, la base de données et la connexion des utilisateurs sont fournis ; il te reste les lignes 1, 3 et 5 à 9 du tableau. Avec un agent comme Claude Code, tout le tableau est pour toi.

À faire toi‑mêmePourquoi ça bloqueExemple
1. Créer les comptes chez les services utilisés et gérer leurs clés d'API (le mot de passe qu'un service donne à ton application)Une clé qui fuit peut être utilisée, et facturée, par n'importe quiEn août 2026, 1 application publiée sur 23 laissait une clé secrète dans le code que le navigateur reçoit (reeve, sur 30 998 applications)
2. La connexion des utilisateursNom de domaine, DNS, service d'identification : des réglages hors du codeMenuGen, avril 2025
3. Le paiementRelier le paiement au bon compte, créer les produits, les mentions légales, la TVALovable propose Paddle, qui gère la TVA à ta place, contre 5 % + 0,50 $ par vente
4. La mise en ligneLes erreurs n'apparaissent souvent qu'une fois sur le serveurMenuGen, avril 2025
5. Les e-mails et le nom de domaineConfiguration, risque de finir en spamUn cabinet d'avocats client de Milan Boisgard (Nocode Station) a dû confier son outil, fait avec Claude, à un freelance pour la mise en ligne, les e-mails et la configuration
6. La publication sur les storesLes règles d'Apple et de GoogleÉric Fréour, retraité et non-développeur, a passé environ 80 % de ses deux mois dans l'outil de publication d'Apple, avec 12 versions refusées (MacG, mai 2026)
7. La surveillancePersonne ne te prévient quand ça casse« On n'a pas un Sentry… pas un Datadog », note Nicolas Grenié, à propos des services qui signalent les pannes
8. Les coûtsChaque utilisateur et chaque correction consomment de l'IA ou des créditsEn juillet 2025, 607,70 $ dépensés sur Replit en trois jours et demi, au-delà d'un abonnement à 25 $ (Jason Lemkin, fondateur de SaaStr, un média pour les fondateurs de SaaS)
9. Trouver des utilisateursLe code ne fait venir personnePatrice Cassard, plus haut

Les entreprises qui vendent ces outils le disent elles-mêmes, en petits caractères. À la question « Faut-il savoir coder ? », la FAQ de Lovable répond « Non » ; sa page sécurité précise que tu es « responsable de vérifier que ton application répond aux exigences de sécurité de son usage ». La documentation de Replit avertit que « "qui marche" et "correct" sont deux choses différentes ». Celle de Bolt écrit que l'outil « peut écrire des règles qui permettent à n'importe quel visiteur de voir, ajouter, modifier et supprimer les données de ta base ». Et chez Lovable, les problèmes repérés par l'analyse de sécurité ne bloquent pas la publication par défaut.

Les risques du vibe coding, en chiffres

Avant les études, deux mots. Une base de données range les informations en tables, comme des tableaux : une table des comptes, une table des commandes. Supabase est le service de base de données qu'utilisent Lovable, Bolt et beaucoup d'autres ; il protège chaque table par des règles qui disent qui peut lire quelle ligne, à condition qu'elles soient écrites, et justes.

Le chiffre le plus cité, environ 45 % de code vulnérable (édition 2025), vient de Veracode, éditeur de logiciels d'analyse de code. Il porte sur des modèles d'IA invités à compléter une seule fonction, testés sur quatre familles de failles ; dans l'édition de juillet 2026, le meilleur modèle produit du code sûr 68 % du temps, et six modèles sur onze plafonnent entre 50 et 53 %. Les études sur de vraies applications en ligne disent autre chose :

  • Le vrai problème, c'est qui peut lire les données. Une équipe de chercheurs (Deng, Fan et Meng, prépublication de juin 2026, révisée en septembre) a audité 200 applications en ligne construites avec Claude Code ou Lovable : 91 % avaient au moins une faille, et 64 % un contrôle d'accès défaillant, c'est-à-dire qu'un utilisateur pouvait atteindre des données ou des actions qui ne lui revenaient pas.
  • En surface, la plupart des applications vont bien. reeve, qui vend un scanner de sécurité, a analysé de l'extérieur 30 998 applications publiées sur Lovable, Bolt, v0, Replit et Base44 en août 2026 : 76 % obtiennent la meilleure note. Mais parmi les 3 680 applications bâties sur Supabase qu'il pouvait vérifier, 57 % laissaient un inconnu lire au moins une table sans se connecter.
  • Les failles classiques reculent, les secrets d'exemple prolifèrent. Invicti, autre éditeur de sécurité, a fait générer 20 656 applications par des modèles d'IA en novembre 2025 : les injections SQL et les failles XSS, les deux attaques web les plus connues, y sont devenues rares. En revanche, chaque modèle réutilise ses propres mots de passe d'exemple : 1 182 applications contenaient la clé supersecretkey, et le secret que GPT-5, un modèle d'OpenAI, propose le plus souvent suffisait à fabriquer un accès administrateur.
  • Les failles attribuées aux outils d'IA augmentent. Le laboratoire de sécurité de Georgia Tech, une université américaine, recensait, en avril 2026, 74 vulnérabilités publiques introduites par des outils de code IA, dont 35 pour le seul mois de mars 2026, et estime le nombre réel cinq à dix fois plus élevé.

L'ANSSI, l'agence française de cybersécurité, avait posé le cadre dès octobre 2024 avec son homologue allemand, le BSI : « les assistants de code IA ne remplacent pas des développeurs expérimentés », et le code qu'ils produisent doit être vérifié.

Les incidents, et ce qui s'est passé ensuite

QuandQuoiCe qui a été exposé ou perduLa suite
Mars-mai 2025Lovable, faille enregistrée sous le numéro CVE-2025-48757Sur 1 645 projets de la galerie publique de Lovable, 170 exposaient leur base de données à n'importe quiFaille trouvée par Matt Palmer, alors salarié de Replit. Lovable la conteste officiellement : chaque client répond, selon lui, de la protection de ses données
Juillet 2025Replit, chez Jason Lemkin (SaaStr)Pendant une période où toute modification était interdite, l'agent a supprimé la base de données réelle, inventé 4 000 personnes fictives et affirmé la restauration impossibleLa restauration a finalement marché ; depuis le 21 juillet 2025, Replit sépare la base de test de la base réelle
Juillet 2025Base44 (Wix)Un identifiant visible de tous permettait de s'inscrire sur des applications privées d'entrepriseSignalée par Wiz, une entreprise de sécurité, corrigée en moins de 24 heures, sans abus constaté
Janvier-février 2026Moltbook, réseau social pour agents IALa clé publique de Supabase dans la page, ce qui est normal, mais aucune règle d'accès derrière : 1,5 million de clés d'API et 35 000 e-mails lisiblesCorrigée en environ trois heures, en quatre étapes ; son fondateur avait dit n'avoir « pas écrit une seule ligne de code »
Février 2026Une application d'examens hébergée par LovableUn contrôle d'accès inversé, qui bloquait les utilisateurs connectés et laissait passer les autres : 18 697 fiches exposées, dont celles d'élèves mineursLe responsable de la sécurité de Lovable : l'analyse avait signalé des problèmes, et « il revient à l'utilisateur d'appliquer ces recommandations »
Février-avril 2026Lovable, projets publicsDu 3 février au 20 avril, tout utilisateur de Lovable pouvait lire l'historique des conversations et le code des projets publics, où traînent parfois des clésSignalements d'abord classés comme normaux ; Lovable s'est excusé et a rendu tous les projets publics privés

La fuite de l'application américaine Tea, en juillet 2025, souvent citée comme un échec du vibe coding, n'en est pas un : les données dataient d'avant février 2024 et dormaient dans un ancien espace de stockage mal protégé, bien avant que le vibe coding soit possible.

Lovable revient souvent dans ce tableau, en partie parce que c'est le plus utilisé : plus de 60 millions de projets selon l'entreprise en août 2026. Ses concurrents ont eu leurs incidents, et aucun générateur ne te dispense des vérifications de la règle 4.

Deux leçons reviennent dans ces affaires. La première : quand la faille vient de ton application, et non de la plateforme comme chez Base44, la plateforme considère que la responsabilité est la tienne, et le RGPD te la donne aussi (plus bas). La seconde : une consigne dans ta demande améliore le code que l'agent écrit, mais elle n'empêche pas l'agent d'agir. Jason Lemkin avait interdit toute modification « onze fois, en majuscules » ; ce qui a vraiment protégé les données ensuite, c'est la séparation des bases. Un agent qui a accès à quelque chose peut s'en servir : il faut des barrières réelles, pas seulement des mots.

À partir du 30 octobre 2026, Supabase ferme les nouvelles tables par défaut

À partir du 30 octobre 2026, sur tous les projets existants, toute nouvelle table reste fermée à l'interface par laquelle les applications interrogent Supabase, y compris la tienne, tant que l'accès n'a pas été accordé explicitement. Sa raison, écrite dans son journal des changements : « des agents, des scripts et des plateformes d'IA créent aussi des tables, et beaucoup de ces opérations n'ont aucun humain qui relit les modifications ». C'est plus sûr par défaut. En pratique, si ton application ajoute une table après cette date, attends-toi à une erreur « permission denied » ; l'IA devra donner l'accès, et tu lui demanderas de le limiter aux bons utilisateurs.

Ce que dit le droit français

Le vibe coding ne change rien à tes obligations : la loi s'applique à l'application, pas à la façon dont elle a été écrite.

Les données personnelles (RGPD). Dès que ton application garde des comptes, tu es le responsable du traitement, et les services que tu utilises sont tes sous-traitants : Supabase l'écrit noir sur blanc dans son contrat de traitement des données. Le règlement t'impose un contrat avec chacun (article 28), le plus souvent un accord à accepter dans les réglages ou les conditions du service, une sécurité « adaptée au risque » (article 32) et, en cas de fuite, une notification à la CNIL dans les 72 heures (article 33). Le contrat de traitement de Vercel ne couvre que ses offres Pro et Enterprise : sur l'offre gratuite, tu ne l'as pas. Les données partent souvent aux États-Unis par défaut : les serveurs de Vercel qui exécutent ton code sont près de Washington si tu ne choisis rien, et Supabase propose une région à Paris qu'il faut sélectionner. Ces transferts sont autorisés par le cadre de protection des données conclu en 2023 entre l'Union européenne et les États-Unis, que le Tribunal de l'Union européenne a validé le 3 septembre 2025 ; un pourvoi aurait été formé contre cette décision.

Le droit d'auteur sur ton code. En France, une œuvre n'est protégée que si elle porte « l'empreinte de la personnalité de son auteur ». Le ministère de la Culture l'a confirmé le 7 avril 2026, en réponse à la question écrite d'une députée : la protection « demeure ainsi inaccessible aux œuvres entièrement générées par IA, ou dans lesquelles l'apport de l'auteur humain ne transparait pas suffisamment ». Le rapport remis au Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique (CSPLA) en juillet 2026 cite nommément le vibe coding et conseille de garder les traces de tes choix : l'historique de tes demandes, les versions successives. De leur côté, Anthropic, OpenAI et Cursor te cèdent leurs droits sur ce que produit l'IA « s'il en existe ». Un code écrit à 100 % par l'IA peut donc n'appartenir à personne, et un concurrent pourrait le reprendre ; garder le code privé et l'encadrer par tes conditions d'utilisation restent alors tes meilleures protections.

Le règlement européen sur l'IA (AI Act). Construire une application avec un outil d'IA ne crée presque aucune obligation particulière. En revanche, si ton application contient un assistant conversationnel, elle doit dire à ses utilisateurs qu'ils parlent à une IA : c'est obligatoire depuis le 2 août 2026 (article 50). Les applications qui trient des CV, notent des examens ou évaluent un crédit seront soumises aux règles « à haut risque » à partir du 2 décembre 2027, une date repoussée par l'AI Omnibus, en vigueur depuis l'été 2026.

Le statut, la TVA et les règles de vente aux particuliers sont détaillés dans le guide pour créer un SaaS, et ce que la loi dit des agents eux-mêmes dans la définition de l'IA agentique.

Faire du vibe coding sans se mettre en danger : sept règles

Tout ce qui précède se résume en sept habitudes, tirées des mesures, des incidents et des pratiques cités plus haut.

  1. Demande à l'IA un cahier des charges court avant la première ligne de code, et relis-le : les pages, qui peut voir quoi, qui peut faire quoi. Karpathy le dit à propos de son bug de paiement : « Les gens doivent rester maîtres de la spécification. » Lazar Jovanovic passe 80 % de son temps à planifier et à discuter avec l'IA, 20 % à la faire exécuter.
  2. Ajoute une phrase sur la sécurité et l'accès aux données dans ta demande, par exemple : « un utilisateur ne doit jamais voir ni modifier les données d'un autre, même en changeant l'adresse ; protège les mots de passe ; ne mets aucune clé secrète dans le code ». Dans LSCBench, un banc d'essai publié en octobre 2026 sur 450 tâches tirées de vraies failles, une seule phrase de ce type a augmenté de 15 à 21 points la part de code à la fois fonctionnel et sûr, pour trois agents sur quatre. Même ainsi, le meilleur agent n'en sécurisait qu'une minorité. Termine par « dis-moi ce que je dois vérifier avant de la montrer à d'autres » : dans l'essai décrit plus haut, c'est la consigne qui a produit les meilleurs conseils.
  3. Avance fonction par fonction et garde une copie de chaque étape qui marche. Lovable, Bolt et Replit ont un historique des versions ; sur un agent, c'est le rôle de Git, l'outil qui enregistre les versions successives du code. Quand une modification abîme ce qui marchait, tu reviens en arrière.
  4. Fais le test des deux comptes avant de montrer ton application. Dans un navigateur, connecte-toi avec un compte A, ouvre l'une de ses fiches et copie l'adresse de la page (par exemple …/livres/12). Dans un autre navigateur, connecte-toi avec un compte B, colle cette adresse, puis essaie le numéro voisin (…/livres/13), et tente de modifier ou de supprimer. Recommence déconnecté. Si B voit ou change quoi que ce soit de A, l'application n'est pas prête. C'est la faille de 64 % des applications auditées. Ce test ne voit pas tout : sur Supabase, demande aussi à l'IA de vérifier que chaque table a ses règles d'accès, et lance l'analyse de sécurité de ton générateur.
  5. Fais relire le code par une deuxième IA. Elles ne repèrent pas les mêmes failles : dans LSCBench, le meilleur agent sécurisait 25 % des tâches, mais 44 % l'étaient par au moins un des agents testés. Concrètement, synchronise le projet avec GitHub (Lovable le fait même sur l'offre gratuite, Bolt aussi), demande à un autre assistant, comme Codex dans ChatGPT ou Claude Code dans le navigateur, de le relire et de lister les problèmes sans rien modifier, puis transmets la liste à ton générateur, un problème à la fois.
  6. Range les clés secrètes à l'écart du code, choisis la région de tes données, vérifie que tu peux changer d'outil avec ton code et tes données, et isole l'agent. Une application a deux côtés : ce qui s'affiche dans le navigateur du visiteur, que n'importe qui peut lire, et le serveur, qui reste chez l'hébergeur. Les clés secrètes vont côté serveur ; demande à l'IA de te montrer où elle les a rangées, et fais-le vérifier par la deuxième IA de la règle 5. Lovable exporte le code mais pas la base de données, et la partie serveur ne peut partir que vers Supabase : renseigne-toi avant d'avoir des clients. Si un agent travaille sur ton ordinateur, donne-lui un dossier à lui, sans tes documents ni tes mots de passe, garde le mode où il demande ton accord avant les actions risquées, et refuse quand il demande à sortir de sa protection ou à toucher hors de son dossier ; le guide de Claude Code montre les réglages. Un vrai cloisonnement, comme celui de l'essai, demande des réglages techniques ; un spécialiste de la sécurité interrogé par la BBC en février 2026 conseillait des machines séparées, dédiées à ces outils, et des comptes jetables pour les essais. Quand on débute, le plus simple reste un générateur en ligne, qui ne touche pas à ton ordinateur.
  7. Quand l'IA tourne en rond, recule. La méthode de Lazar Jovanovic : un essai avec le bouton de correction de l'outil, un essai en recollant les messages d'erreur du navigateur, un essai en demandant à un autre modèle de diagnostiquer sans rien modifier, puis retour trois versions en arrière pour reformuler la demande.
Son appli semblait finie à 80 % ; elle l'était plutôt à 20 %. Une bonne partie du reste, raconte l'inventeur du mot, n'était pas du code.

Pour écrire des demandes nettes, ces modèles de prompts donnent la structure.

Le vibe coding fait-il vraiment gagner du temps ?

Pour quelqu'un qui ne code pas, la comparaison est simple : sans IA, l'application n'existerait pas, et le temps se perd surtout dans tout ce qui n'est pas du code. Pour les développeurs, les chiffres les plus cités parlent rarement de vibe coding :

  • « 95 % du code écrit par l'IA » chez Y Combinator, l'incubateur de start-up le plus connu : en mars 2025, un quart des start-up de sa promotion d'hiver déclaraient que l'IA avait écrit plus de 95 % de leur code. Ce sont des estimations des fondateurs, tous de profil technique. « Ce n'est pas comme si nous avions financé des fondateurs non techniques », précisait Jared Friedman, associé de Y Combinator.
  • « 75 % du nouveau code de Google » (Sundar Pichai, avril 2026) : du code généré par IA puis « relu et accepté par des ingénieurs », l'inverse du vibe coding.
  • L'essai contrôlé de référence : en juillet 2025, METR, un laboratoire indépendant d'évaluation de l'IA, a mesuré que seize développeurs expérimentés mettaient 19 % de temps en plus avec l'IA sur leurs propres projets, alors qu'ils s'attendaient à aller plus vite. Sa seconde série, fin 2025, penche vers un gain, mais METR la juge peu fiable : beaucoup de développeurs ne proposaient plus les tâches qu'ils ne voulaient pas risquer de faire sans IA, ce qui fausse la comparaison.
  • La pratique réelle : en 2025, 72 % des développeurs interrogés par Stack Overflow, le grand site de questions-réponses entre programmeurs, disaient ne pas faire de vibe coding dans leur travail.

Le temps a aussi un coût humain. Jason Lemkin, non-développeur, a construit plus de dix applications utilisées près d'un million de fois, puis s'est arrêté 90 jours : il y passait deux heures par jour et prévient que « le vibe coding n'est pas passif ».

FAQ

Faut-il savoir coder pour faire du vibe coding ? Non pour construire et essayer : tu décris, l'IA écrit. Oui pour juger le résultat dès que d'autres utilisent ton application : tester les accès, repérer une clé exposée, comprendre un message d'erreur. Les entreprises qui vendent ces outils te laissent la responsabilité de la sécurité.

ChatGPT peut-il faire du vibe coding ? Oui. Codex, l'agent de code d'OpenAI, est inclus dans toutes les offres, limité en gratuit. Avec ChatGPT Plus (23 € par mois) ou Pro, Sites construit et héberge un site décrit en conversation, avec base de données et connexion des visiteurs.

ChatGPT ou Claude : lequel choisir pour le vibe coding ? Choisis d'abord un agent plutôt qu'un chat : Codex chez OpenAI, avec ChatGPT Plus à 23 €, ou Claude Code chez Anthropic, avec Claude Pro à 18 € HT. Chez les développeurs qui utilisent un agent, Claude Code est le plus répandu (65,5 % d'entre eux, enquête Stack Overflow 2026). Simon Willison, lui, est passé à Codex en avril 2026 : il en jugeait la dernière version excellente et ne faisait plus confiance à la tarification de Claude Code.

Claude est-il gratuit pour le vibe coding ? En partie. Le plan gratuit crée des artefacts, de petites applications qui tournent dans la conversation et qu'on partage gratuitement. Claude Code, l'agent qui construit de vraies applications, demande Pro : 18 € HT par mois, ou 15 € en paiement annuel.

Quel outil de vibe coding choisir pour créer une application ? Sans savoir coder, un générateur qui héberge tout : Lovable, Replit, Bolt ou Base44, ou Sites si tu paies déjà ChatGPT Plus. Pour que le code t'appartienne entièrement et choisir où vivent les données, un agent comme Claude Code, Codex ou celui de Mistral, en organisant toi-même l'hébergement et la base de données. Pour essayer sans payer, Google AI Studio ou les artefacts de Claude.

Le vibe coding, est-ce vraiment programmer ? Pour son inventeur, c'est une autre activité : en avril 2026, Karpathy dit que le vibe coding « relève le niveau de base pour tout le monde », alors que l'ingénierie agentique, où l'on dirige et contrôle les agents, « préserve le niveau d'exigence » du logiciel professionnel. Tu produis un vrai logiciel, sans faire le travail de vérification d'un développeur.

Qu'est-ce qu'un vibe coder ? Une personne qui construit des logiciels en les décrivant à une IA, sans écrire le code elle-même, et souvent sans le lire. Lovable emploie ainsi Lazar Jovanovic, qui n'a pas appris à programmer, avec le titre de « Vibe Coding Engineer ».

Peut-on vendre une application faite en vibe coding ? Oui, aux mêmes conditions que n'importe quel logiciel : RGPD, mentions légales, TVA, règles de vente aux particuliers. Si elle garde des données de clients, fais relire le code par quelqu'un qui sait le lire avant les premiers clients. Garde l'historique de tes demandes et de tes versions : un code entièrement généré par l'IA peut ne pas être protégé par le droit d'auteur en France.

Une formation au vibe coding est-elle utile ? Elle l'est si elle t'apprend ce que l'IA ne fait pas : tester les accès, gérer les clés, mettre en ligne, lire une erreur. Une formation qui n'enseigne que des prompts t'apprend la partie la plus facile.

Comment dit-on vibe coding en français ? L'Office québécois de la langue française propose « programmation intuitive » ou « programmation conversationnelle ». En France, l'anglais vibe coding s'est imposé.

Mistral fait-il du vibe coding ? Oui. Mistral AI, l'entreprise française, a renommé son assistant Le Chat en Vibe en août 2026 ; l'offre comprend Vibe for code, un agent de code pour le terminal et l'éditeur. L'offre Pro coûte 17,99 € TTC par mois, et l'offre gratuite donne des sessions de code limitées.

Sources (60)

Les pages exactes d'où viennent les faits ci-dessus, avec la date où chacune a été publiée ou lue.

  1. Not all AI-assisted programming is vibe coding (but vibe coding rocks)Simon Willison (cite le message d'Andrej Karpathy du 2 février 2025), 19 mars 2025
  2. Vibe coding MenuGenAndrej Karpathy, 27 avr. 2025
  3. vibe coding (Slang & Trending)Merriam-Webster, mars 2025
  4. Collins Word of the Year 2025Collins (copie de l'Internet Archive), 6 nov. 2025
  5. Andrej Karpathy — AGI is still a decade awayDwarkesh Podcast, 17 oct. 2025
  6. Vibe coding is passéThe New Stack (cite le message d'Andrej Karpathy du 4 février 2026), févr. 2026
  7. Andrej Karpathy: From Vibe Coding to Agentic Engineering (AI Ascent 2026)Sequoia Capital, Training Data, 30 avr. 2026
  8. The AI Coding Paradigm Shift with Simon WillisonHeavybit, High Leverage, 5 mai 2026
  9. Vibe coding and agentic engineering are getting closer than I'd likeSimon Willison, 6 mai 2026
  10. programmation intuitive (Grand dictionnaire terminologique)Office québécois de la langue française, 28 oct. 2026
  11. After AI led to layoffs, coders are being hired to fix vibe coded screwupsGizmodo, 12 sept. 2025
  12. The rise of the professional vibe coder (Lazar Jovanovic)Lenny's Podcast, 8 févr. 2026
  13. Developer Survey 2026, AIStack Overflow, 2026
  14. J'ai vibe codé une app… et je me suis fait hackerBenjamin Code (YouTube), 21 oct. 2025
  15. Gardez votre boulot : les désillusions d'un créateur d'apps avec l'IAiGen, 12 oct. 2026
  16. Scrapbook Pixixel : quand le vibe coding ressuscite le regretté iView MediaProMacGeneration, 19 mai 2026
  17. Le vibe coding ne tue pas le product builderNocode Station, 30 avr. 2026
  18. The Build Economy (enquête auprès des utilisateurs de Lovable)Lovable, juin 2026
  19. The high costs and thin margins threatening AI coding startupsTechCrunch, 7 août 2025
  20. Veracode 2026 GenAI Code Security Report (communiqué)Veracode, 28 juil. 2026
  21. Understanding the (In)Security of Vibe-Coded Applications (arXiv 2606.23130)Deng, Fan et Meng, juin 2026
  22. Last Secure Code Benchmark: Is the Code You Vibe Secure? (arXiv 2610.14766)Wu et al., 10 oct. 2026
  23. The State of Vibe-Coded App Security 2026reeve (copie de l'Internet Archive), 19 août 2026
  24. Security issues in vibe-coded web apps analyzedInvicti, 5 nov. 2025
  25. Vibe Security RadarGeorgia Tech, 13 avr. 2026
  26. AI Coding AssistantsANSSI et BSI, 4 oct. 2024
  27. CVE-2025-48757NIST, National Vulnerability Database, 30 mai 2025
  28. AI coding platform goes rogue during code freeze and deletes entire company databaseThe Register, 21 juil. 2025
  29. Critical vulnerability in Base44Wiz Research, 29 juil. 2025
  30. Hacking Moltbook: exposed database reveals millions of API keysWiz Research, 2 févr. 2026
  31. Vibe coded Lovable-hosted app littered with basic flaws exposed 18K usersThe Register, 27 févr. 2026
  32. Our response to the April 2026 incidentLovable, 22 avr. 2026
  33. Official statement from TeaSimon Willison, 26 juil. 2025
  34. Breaking change: tables not exposed to Data and GraphQL API automaticallySupabase, 28 avr. 2026
  35. I Vibe Coded 10+ Apps Used Almost a Million Times. Then I Had To Stop for 90 Days.SaaStr (Jason Lemkin), 30 mars 2026
  36. Measuring the Impact of Early-2025 AI on Experienced Open-Source Developer ProductivityMETR, 10 juil. 2025
  37. Developer Survey 2025, AIStack Overflow, juil. 2025
  38. Vibe Coding Is The Future (Lightcone)Y Combinator (YouTube), 5 mars 2025
  39. Sundar Pichai at Google Cloud Next 2026Google, 22 avr. 2026
  40. Question écrite n° 12502 et réponse du ministère de la CultureAssemblée nationale, 7 avr. 2026
  41. Rapport de mission sur le statut des productions de l'intelligence artificielleCSPLA, ministère de la Culture, 9 juil. 2026
  42. Data Processing AddendumSupabase, 1 août 2026
  43. Data Processing AddendumVercel, 28 oct. 2026
  44. AI Act, article 50Commission européenne, AI Act Service Desk, 28 oct. 2026
  45. Tarifs de LovableLovable, 28 oct. 2026
  46. Security (documentation)Lovable, 28 oct. 2026
  47. Data opt-outLovable, 28 oct. 2026
  48. PricingBolt, 28 oct. 2026
  49. Database securityBolt, 28 oct. 2026
  50. PricingReplit, 28 oct. 2026
  51. Shared responsibility modelReplit, 28 oct. 2026
  52. PricingBase44, 28 oct. 2026
  53. Pricingv0 (Vercel), 28 oct. 2026
  54. Tarifs de ClaudeAnthropic, 28 oct. 2026
  55. Tarifs de ChatGPTOpenAI, 28 oct. 2026
  56. ChatGPT SitesOpenAI (centre d'aide), 28 oct. 2026
  57. TarifsMistral AI, 28 oct. 2026
  58. AI Omnibus enters into forceCommission européenne, 31 juil. 2026
  59. Copilot plansGitHub, 28 oct. 2026
  60. Gemini API Additional Terms of ServiceGoogle, 28 oct. 2026

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