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Freebie : définition, un cas complet et la règle de la CNIL
Finn ·
Un freebie est un contenu gratuit (guide, modèle, liste de vérification) qu'un indépendant offre contre une adresse email, pour pouvoir écrire ensuite à des gens intéressés. Un bon freebie n'est pas un cadeau pour tout le monde : c'est la première étape de ce que tu vends, et il attire ceux qui peuvent l'acheter. En France, l'adresse récupérée ne vaut pas un accord pour ta newsletter : il faut une case à part.
Le bon freebie est la première étape de ce que tu vends
Pour montrer chaque pièce, je prends un cas composite, assemblé pour cet article. Léa conçoit des sites pour des artisans, plombiers, menuisiers, coiffeuses, et vend un site vitrine à prix fixe. Ses clients viennent d'Instagram, un compte qui peut être fermé ou noyé du jour au lendemain ; elle veut une liste d'adresses qui lui appartienne.
Son premier freebie ressemble à ceux des guides : un livret « 10 conseils pour un site qui attire des clients ». Le contenu est correct, mais il attire tous ceux qui veulent un site, y compris ceux qui le feront seuls et d'autres freelances curieux. Léa ne peut vendre qu'à une petite partie d'entre eux, sans savoir laquelle.
La règle que je retiens tient en une question : quelle est la première chose que ton client doit faire de toute façon quand il t'achète ? Pour un site, c'est rassembler ses informations : logo, photos, horaires, prestations, tarifs, mentions légales, accès au nom de domaine. Le freebie de Léa devient « Les 12 informations à préparer avant de commander un site ». Il attire des gens qui ont un projet en cours, pas des curieux. Certains le feront seuls ; les autres viennent de faire le premier pas d'une commande. Un freebie trie, et il n'a pas à plaire à tout le monde. La règle suppose une offre où le client a quelque chose à préparer avant d'acheter ; pour un logiciel en libre-service, la première étape est l'inscription elle-même, et le bon freebie, s'il en faut un, est ce qui la prépare : un modèle ou des données d'exemple à importer.
Ce qu'il y a dedans
Léa n'écrit rien de neuf : elle reprend les questions qu'elle envoie déjà au démarrage de chaque projet et les transforme en liste, le même geste que rétro-ingénier un prompt depuis une réponse validée. Deux pages en PDF, avec pour chaque information ce qu'il faut fournir, sous quelle forme et où la trouver. Trois lignes sur douze, pour donner le niveau :
- Les horaires, avec les exceptions : fermeture annuelle, jours fériés travaillés, dépannages d'urgence.
- Les informations que les mentions légales exigent : identité, numéro d'immatriculation, numéro de TVA, et l'hébergeur du site, que Léa fournit.
- L'accès au nom de domaine : chez qui il est enregistré, et qui possède le compte. Sans cet accès, rien ne se met en ligne.
La checklist ne vend rien, pas même une page « mes offres » à la fin : la personne qui l'a remplie a déjà fait le premier pas d'un projet, et c'est tout ce que le freebie doit obtenir.
Un bon freebie n'est pas un cadeau pour tout le monde : c'est la première étape de ce que tu vends.
Le formulaire : l'adresse pour la checklist, la case pour la lettre
Le formulaire demande une adresse email, un prénom facultatif, et propose un bouton « Recevoir la checklist ». En dessous, une case décochée : « Je veux aussi recevoir par email la lettre mensuelle de Léa : des conseils et ses offres pour les artisans. »
Cette case n'est pas une politesse. D'après la page de la CNIL sur la prospection par courrier électronique, datée du 10 juin 2026, écrire à un particulier pour lui proposer une offre demande son accord préalable, par une action positive et spécifique, par exemple une case dédiée et non pré-cochée ; accepter des conditions générales ne suffit pas. L'exception pour les clients existants ne joue pas : la CNIL précise qu'elle tombe quand aucune vente n'a eu lieu, même si la personne a créé un compte. Un téléchargement n'est pas une vente et, à ma lecture, cliquer sur « Recevoir la checklist » demande la checklist, pas la prospection.
Pour des professionnels, la règle est plus souple : tu peux écrire sans accord préalable si le message a un rapport avec leur métier, à condition de les informer et de leur permettre de s'opposer, dès la collecte puis dans chaque envoi. Dans tous les cas, la CNIL recommande une case à cocher. Les artisans de Léa sont des professionnels ; elle garde pourtant la case d'accord, pour deux raisons pratiques. Elle ne veut pas décider, adresse par adresse, si une boîte personnelle appartient à un professionnel. Et la part de demandeurs qui cochent lui dit si son freebie attire les bonnes personnes, ce qu'un nombre de téléchargements ne dit pas.
Dans son outil d'emailing, le formulaire range tout le monde dans un groupe « checklist » et seulement ceux qui ont coché dans un groupe « lettre ». L'email de livraison part au premier, les numéros de la lettre au second, chacun avec son lien de désinscription. Dès que plusieurs outils se partagent la base, qui détient la désinscription devient la question suivante.
L'email de livraison, en entier
Voici l'email que reçoit toute personne qui a demandé la checklist, case cochée ou non. Le texte est écrit pour l'article et la signature est fictive.
Objet : Votre checklist, et la première chose à faire
Bonjour,
Voici la checklist des 12 informations à préparer avant de commander un site :
[lien vers le PDF]
Un conseil pour commencer : occupez-vous des photos en premier. C'est ce qui
prend le plus de temps, et c'est ce qui sépare un site qui rassure d'un site
qui ressemble à tous les autres.
Une question, si vous avez trente secondes : votre site, vous le voudriez
pour quand ? Répondez à cet email en une ligne, je lis tout.
Léa
Sites pour artisans (signature fictive)
Pour ceux qui ont coché la case, une ligne de plus avant la signature : « Vous recevrez aussi la lettre le premier mardi du mois ; le lien pour l'arrêter est en bas de chaque numéro. » Pour les autres, cet email est le seul qu'ils recevront, sauf s'ils répondent.
La question finale fait le vrai travail : une réponse « pour septembre » ouvre une conversation avec quelqu'un qui a déjà rassemblé ses informations, et une absence de réponse ne coûte rien. Ce n'est pas le freebie qui vend, c'est la réponse.
Ce qu'elle mesure, et ce qui change
Léa ne compte pas les téléchargements. Elle regarde la part des demandeurs qui cochent la case, comparée d'un freebie à l'autre plutôt qu'à un chiffre universel, et les réponses à la question de l'email. Si le livret de conseils fait cocher des curieux et la checklist des gens en projet, la différence se verra là.
Pour faire connaître la checklist, il lui faut un rythme plus qu'un budget : un post par semaine qui montre une ligne de la liste, avec la capture ou la photo qui va avec. Tenir ce rythme est souvent le mur, et c'est le travail que ReadyToPost fait pour un compte que personne n'a le temps d'alimenter.
Ce qui change ensuite n'est pas un chiffre, puisque Léa n'existe pas. C'est la nature de la liste : des adresses qui ont dit oui deux fois, à la checklist puis à la lettre, et auxquelles elle peut écrire sans se demander si elle en a le droit. C'est la règle que j'ai suivie en choisissant l'emailing pour finngarden : une newsletter, c'est une liste qui a dit oui.
Avant de créer le tien, écris la première chose que ton client fait de toute façon quand il t'achète. Si tu ne la trouves pas, ce n'est pas un freebie qui te manque, c'est une offre assez précise pour en avoir un.
FAQ
Freebie et lead magnet, c'est la même chose ? Oui. Lead magnet est le terme du marketing anglophone, « aimant à prospects ». En anglais courant, freebie désigne n'importe quel objet gratuit, un échantillon ou un cadeau distribué, comme le note le Wiktionnaire ; le sens « contenu contre email » est celui des guides marketing francophones.
Faut-il un email de confirmation, le double opt-in ? La page de la CNIL citée plus haut n'en fait pas une obligation. Il prouve que l'accord vient du titulaire de l'adresse et écarte les adresses erronées : inutile pour le freebie, que la personne vient de demander, utile pour la lettre le jour où quelqu'un conteste s'être inscrit.
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